Aix en arbres

Article paru dans la Provence du 21 novembre 17 suite à la conférence de presse du collectif AixenArbres du 20 novembre

« Non, les 38 000 arbres que compte la commune d’Aix, ne doivent pas disparaître. Mieux, il faut mettre tout en oeuvre pour protéger et préserver les platanes anciens, pour certains plus que centenaires, qui donne à la ville ce charme suranné mais offre également un rempart contre les fortes chaleurs. Le collectif Aix en arbres tire la sonnette d’alarme et espère une meilleure écoute pour sauver ce patrimoine arboral.

« Vingt-trois autres platanes du cours Mirabeau touchés par le chancre coloré seront abattus en janvier, s’ajoutant aux 24 emplacements déjà vides« , témoignent les membres du collectif. Pour empêcher la propagation la propagation de cette maladie très contagieuse, l’arrêté ministériel du 22 décembre 2015 impose la coupe de tous les platanes situés dans un rayon de 35 mètres autour d’un arbre chancre, dans un délai de deux mois après ».

Et d’ajouter : « Les conditions d’abattage sont également très réglementées avec des précautions maximales pour que les spores de ce champignon ne contaminent les arbres environnants… Or, le délai maximum de 6 mois est d’ores et déjà passé, la Ville n’a pas respecté la loi et n’en finit pas de traîner les pieds, soucieuse de son image, au nom du tourisme. » Le collectif déplore ces retards de surveillance et la défense contre cette maladie. Que restera-t-il du cours Mirabeau dans quelques années si la maladie continue à évoluer ? « On recoupe les arbres malades et on rebouche, poursuit Aix en arbres, qui déplore ce qui a été fait par le passé. Quand le Cours a été refait dans les années 2000, tous les réseaux ont été rénovés. Les tranchées et les fosses des arbres ont été rebouchées par du tout-venant stérile au lieu d’utiliser un mélange de terre et de pierres, comme cela se fait à Paris ou à Lyon. Du coup, les tranchées ont asséché les sols et il aurait fallu mettre en place un système de compensation pour les arbres trouvent l’eau nécessaire à leur bon développement. »

Mais au-delà du dossier du cours Mirabeau, le collectif entend protéger l’ensemble des arbres de la cité du Roy René, ceux du parc Rambot comme ceux des boulevards extérieurs, pas toujours bien protégés contre les agressions extérieures (travaux, voitures…). La Charte de l’arbre en cours d’élaboration devrait  permettre de mieux protéger ce patrimoine végétal. À condition d’y mettre les moyens ! »              La Provence rédacteur G.V.I

Mise au point du collectif Aix-en-Arbres

 

L’article paru dans la Provence du 21 novembre 2017 au sujet des arbres à Aix, peut créer une grave confusion dans les esprits, du fait de la place, à notre  avis trop importante, donnée au chancre coloré du platane.

En effet, certes cette maladie est gravissime, mais ce n’est pas elle qui explique le très mauvais état des platanes sur le cours Mirabeau, sur la place Jeanne d’Arc et sur la place de la Rotonde, qui est dû, pour l’essentiel, au mode de conduite des travaux lors de sa rénovation, qui ont coupé les racines des arbres et dévasté le sous sol et lors desquels la terre excavée lors de la pose des réseaux, a été remplacée par des matériaux stériles, alors qu’il eu fallu mettre en place sur toute la surface du sol et en profondeur un mélange de terre et de ballast pour permettre aux arbres de tirer leur racines et aller chercher l’eau en profondeur, comme cela se fait dans de nombreuses villes.

Il est regrettable que cela n’ait pas été non plus fait sur les places des Prêcheurs et de Verdun, dont les arbres risquent de dépérir comme ceux du cours Mirabeau.

Il devient donc urgent que le Service des espaces verts de la Ville intervienne dans la maîtrise d’œuvre, sur tous les chantiers réalisés à proximité d’arbres, pour veiller sur les arbres et prescrire des modalités d’intervention respectueux des arbres en place et veiller à ce que les outils de chantier soient désinfectés pour éviter la généralisation du chancre coloré sur Aix.

Quant au cours Mirabeau, un travail titanesque nous attend pour tenter de lui redonner vie, car il va falloir remplacer les arbres qui vont continuer à mourir les uns après les autres dans des délais assez brefs. Ce signifie qu’il va falloir non seulement choisir une nouvelle espèce d’arbre (il est interdit en effet aujourd’hui de replanter du platane pendant 10 ans, en raison de la présence du chancre coloré), mais il va falloir aussi enlever une surface importante du dallage, afin de remettre en place un sol propice à la replantation et un réseau d’arrosage digne de ce nom.